VIBES by OPmobility - Octobre 2026

Vous avez signé un accord pionnier avec EDP (1), en Espagne. En quoi est-il innovant ? C. B. Depuis quelques années, nous avons des contrats d’approvisionnement en électricité renouvelable dans plusieurs pays : la France, l’Inde, le Maroc, le Mexique, et désormais l’Espagne. Ce qui rend le partenariat avec EDP pionnier, c’est qu’il apporte à la fois une solution de décarbonation et une réponse à un enjeu majeur de compétitivité : la maîtrise du coût et de la disponibilité de l’énergie. Concrètement, EDP prend en charge le risque lié à l’intermittence de la production solaire. Nous achetons ainsi 24 GWh d’électricité renouvelable à prix fixe, quelle que soit l’heure ou les conditions de production. Couplé aux dispositifs déjà en place, cet accord nous permet ainsi de couvrir 100 % de notre consommation électrique en Espagne avec de l’énergie verte. Au-delà de la décarbonation, cet accord répond aussi à un enjeu stratégique, car sourcer localement de l’énergie, c’est sécuriser nos approvisionnements et réduire notre exposition à la volatilité des marchés. Quel est votre plan d’action sur le scope 3, qui représente 99 % de vos émissions ? C. B. Notre objectif est de réduire de 30 % nos émissions sur ce scope d’ici à 2030 par rapport à 2019. Le scope 3 en aval – soit 88 % de nos émissions – correspond à l’usage de nos produits pendant toute la durée de vie du véhicule (y compris la gestion des déchets en fin de vie). Nous équipons aujourd’hui davantage de véhicules électriques que leur proportion dans le marché, ce qui nous place déjà au-delà de l’objectif sur ce volet. Le principal défi se situe en amont de notre chaîne de valeur. Le scope 3 amont – environ 11 % de nos émissions – correspond aux émissions générées par nos fournisseurs et le transport de nos achats vers nos sites. La première étape a donc consisté à intégrer un critère d’empreinte carbone dans le processus de sélection des fournisseurs lors de l’attribution de nouveaux projets, en ciblant les commodités les plus émettrices au sein de nos différents Business Groups. En parallèle, nous avons adopté une approche ciblée pour accélérer la décarbonation de notre chaîne d’approvisionnement. Nous avons ainsi identifié les 120 fournisseurs les plus contributeurs à notre empreinte carbone et les avons mobilisés autour d’un objectif commun : réduire leurs émissions de 30 % d’ici à 2030, en cohérence avec notre propre trajectoire. Nous leur demandons également de partager leur feuille de route de décarbonation afin de suivre les progrès réalisés et d’identifier les opportunités de collaboration pour atteindre nos objectifs communs. La décarbonation devient-elle un critère de compétitivité ? C. B. Absolument. La décarbonation devient un véritable critère de compétitivité, car elle nous pousse à repenser nos modes de production pour les rendre à la fois plus vertueux, plus efficients et mieux alignés avec les exigences réglementaires à venir. Une réglementation européenne va, par exemple, imposer 15 % de matières recyclées dans les pièces plastiques des véhicules d’ici à 2032. Nos équipes ont donc développé des innovations en ce sens, comme sur les pare-chocs, avec des formulations intégrant jusqu’à 50 % de matières recyclées issues de véhicules en fin de vie. Sur les réservoirs à carburant, nous avons déjà validé des taux de 25 % à 30 % avec l’ambition d’atteindre 40 % à terme. Ces innovations renforcent notre différenciation face à nos concurrents, tout en inscrivant notre performance dans une trajectoire plus durable, bénéfique pour l’environnement et les générations futures. (1) EDP – Energias de Portugal : groupe énergétique portugais, producteur et fournisseur d’électricité, notamment issue de sources renouvelables. carbonée par des énergies renouvelables : panneaux solaires, contrats d’approvisionnement en énergie verte, partenariats innovants, etc. Et, pour « compenser » les émissions résiduelles incompressibles, nous avons recours à des crédits carbone rigoureusement sélectionnés, selon des critères cohérents avec les activités et les engagements d’OPmobility. Au total, nous avons éliminé 83 % de nos émissions et les 17 % restantes ont été compensées. Concrètement, comment cette stratégie s’est-elle traduite sur le terrain ? C. B. Cela a reposé sur une mobilisation collective, notamment sur le premier levier, « réduire ». Un levier majeur d’économies d’énergie a consisté à repenser la gestion de nos équipements industriels hors production. Nous avons défini et déployé des procédures d’arrêt et de redémarrage adaptées, accompagnées de bonnes pratiques d’efficacité énergétique. Site par site, nous avons identifié les équipements pouvant être arrêtés entre différentes phases de production, ainsi que les paramètres de fonctionnement pouvant être optimisés. Dans nos ateliers d’extrusion et d’injection, par exemple, des ajustements sur les températures ou les vitesses de plastification ont permis de réduire significativement les consommations énergétiques. Nous avons également déployé, avec notre partenaire Schneider Electric, un système de mesure des consommations énergétiques, machine par machine. Cette approche a mis en évidence des écarts parfois significatifs : pour une même activité, certaines machines de dernière génération consomment jusqu’à 60 % d’énergie en moins que les équipements plus anciens. Ces données nous aident à réduire nos dépenses énergétiques tout en orientant nos investissements vers les solutions les plus efficientes. Scannez le QR code pour en savoir plus sur notre partenariat avec EDP. OPmobility — Vibes #4 25

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