JEANFRANÇOIS CORRAZE Directeur Supply Chain chez OPmobility Quels bénéfices concrets attendez-vous de cette transformation ? J-F. C. D’abord la résilience. En mobilisant les équipes, en standardisant et en digitalisant les processus de transport, nous améliorons la visibilité de l’ensemble des flux et renforçons notre efficacité opérationnelle, au bénéfice de nos usines et de nos clients. Grâce au TMS, nous disposons d’informations en temps réel, complétées par des données prédictives et qualitatives, pour anticiper les points bloquants avant qu’ils ne surviennent et agir de façon proactive. Accroître la fiabilité des opérations logistiques, en particulier pour les livraisons à flux tendu, est un levier de différenciation majeur. Améliorer la productivité des opérations, c’est aussi contribuer à réduire leur empreinte environnementale. Optimiser la supply chain permet d’optimiser le remplissage des camions et le nombre de kilomètres parcourus, réduisant ainsi les émissions de CO2 liées au transport. Comment embarquez-vous transporteurs et fournisseurs dans cette démarche ? J-F. C. L’objectif est de faire du TMS une référence dans le secteur automobile en montrant concrètement sa valeur ajoutée. Prenons un exemple : aujourd’hui, un transporteur envoie des fichiers Excel plusieurs fois par jour pour communiquer la localisation de son camion. Demain, le camion se connectera directement à notre système – moins de papiers, moins de ressaisies, moins d’erreurs. Pour notre partenaire, c’est du temps gagné. Autre exemple : si son camion a attendu trop longtemps pour être déchargé dans l’une de nos usines et que cela est enregistré dans le système, il pourra le justifier sans discussion, sans délai. La donnée fait foi, pour tout le monde. Ainsi, lorsque les tournées sont optimisées, les camions roulent mieux remplis, tournent davantage et génèrent plus de profit. Ce que leur propose OPmobility, c’est donc un modèle gagnant-gagnant. « En mobilisant les équipes, en standardisant et en digitalisant les processus de transport, nous améliorons la visibilité de l’ensemble des flux et renforçons notre efficacité opérationnelle. » J-F. C. — LE SPONSOR Dans un contexte de raccourcissement des cycles de production et de tension sur les approvisionnements, comment le rôle stratégique de la supply chain s’est-il amplifié ? Jean-François Corraze. La supply chain, c’est d’abord du flux physique de matière : les camions, les bateaux, les usines. Mais, sans données fiables et en temps réel, impossible de piloter efficacement ces opérations. Cette prise de conscience s’est construite progressivement au cours d’une décennie, portée par des contributeurs individuels, le Groupe et les Business Groups qui ont montré, chiffres à l’appui, que raisonner de bout en bout améliore la compétitivité et la satisfaction client. Elle a abouti, en février 2026, à la création d’une fonction dédiée au niveau du Groupe, permettant de déployer une approche coordonnée entre tous les sites, et d’améliorer la performance globale et la résilience de la chaîne d’approvisionnement. Au cœur de cette transformation se trouve le projet ELITE. De quoi s’agit-il ? J-F. C. ELITE, notre programme pour optimiser la gestion du transport, repose sur deux piliers. Le premier est digital : le déploiement d’un TMS développé avec notre partenaire 4Flow. Un seul outil couvre la planification, l’exécution et le reporting des flux de transport : suivi en temps réel des bateaux et des camions, contrôle des factures, gestion de la performance financière et environnementale. Le second pilier est organisationnel : à chaque déploiement régional correspond une Tour de Contrôle, une équipe d’experts dédiés déployée sur le terrain. Au Mexique, où nous sommes en plein déploiement sur 10 sites, elle comptera une trentaine de personnes. Après le Mexique, viendront les États-Unis, en 2027‑2028, puis l’Europe, en 2029-2030, et enfin l’Asie et l’Amérique du Sud. 31
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